Parc national des Pyrénées
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Euprocte des Pyrénées

Euprocte © C. Cuenin - Parc national des Pyrénées
Euprocte © C. Cuenin - Parc national des Pyrénées
Nom scientifique : Calotriton asper

Identification

Autrefois de la même famille que l’Euprocte de Corse, ce gros triton endémique des Pyrénées en a été séparé récemment et a été rebaptisé Calotriton. Il possède un cousin pyrénéen en Catalogne, lui aussi découvert récemment. Son origine remonte à l’époque des dinosaures.

Si son aspect général est celui d’une salamandre, sa robe est moins colorée. A l’âge adulte, sa peau grise est verruqueuse avec des pointes cornées. Jeune, sa robe est vive et noire avec de grandes lignes jaunes au milieu du dos et un ventre aux superbes reflets rouge orangé. Il est le seul triton à posséder des ongles.

Habitat

L’Euprocte des Pyrénées est présent sur l’ensemble de la chaîne des Pyrénées. On l'observe entre 800 et 2 000 mètres (jusqu’à 2 600 mètres). Il affectionne les eaux froides en altitude, dans des petits ruisseaux au courant faible et de préférence dépourvus de poissons. L’hiver, il hiberne à terre dans des trous le long des berges. Il se dissimule entre les cailloux qui tapissent le fond des rivières. En haute altitude, les jeunes mettent plusieurs années avant de devenir adultes. Ils peuvent parfois atteindre plus de 20 ans. Certaines populations, vivant en-dessous de 800 mètres d’altitude, sont totalement cavernicoles.

Comportement

Durant la saison de reproduction, l’Euprocte passe la majeure partie de la journée dans l’eau, remontant à la surface toutes les 30 minutes pour respirer. Les individus sont très tolérants envers les autres, même durant la saison de reproduction.

On peut parfois rencontrer plus de 1 000 individus sur moins de 500 mètres de ruisseau. Qu’une ombre passe ou que la terre vibre sous les pas d’une vache ou d’un promeneur, l'Euprocte part se cacher dans la berge ou entre les cailloux. Il peut même changer de ruisseau en grimpant presque à la verticale sur les rochers le long des berges.

Cycle de vie

A partir du début juillet, le mâle attire les femelles par ses parades nuptiales avec la queue dressée. Puis, l’accouplement se fait par amplexus, le mâle entourant avec sa queue et son corps, la femelle, pressant son cloaque contre le sien, et pouvant rester ainsi pendant 2 à 3 jours. Il féconde alors 30 à 40 œufs qu’elle va pondre sous les rochers, blocs ou sous la végétation. Les larves vont passer par 2 à 3 stades avant de se transformer en adultes et sortir de l’eau, parfois au bout de 7 à 8 ans. Les immatures vont passer plusieurs années à terre avant de revenir vers 9 - 10 ans . Ils changeront alors progressivement de couleur et puis pourront se reproduire.

Préservation

Cette espèce est essentiellement menacée par la modification des cours d’eau et par l’introduction de poissons, et la gestion piscicole en zone Parc tient compte de sa présence.

L’espèce est protégée et n’est pas classée « En danger ». Elle est présente tout le long de la chaîne pyrénéenne, des deux côtés, et peut être localement très abondante. Les populations les plus fragiles sont celles de plaine, souvent associées à des résurgences. Une simple attention aux empoissonnements, le maintien d’une eau de qualité (sans accumulation de déjections de vache en altitude) et la conservation du débit des petits ruisseaux de montagne devraient suffire à lui conserver son habitat.

Comment l'observer ?

En regardant dans le fond des vasques des torrents ou le long des ruisseaux à fond caillouteux, on pourra observer l’Euprocte. On remarquera surtout des petits sacs de nœuds, de couleur grise avec des éclats rose-jaune. Ce sont les adultes en amplexus. Les jeunes avec leur livrée noire entrecoupée d’une ligne médiane jaune vif, seront encore plus visibles.


Découvrez l'Euprocte des Pyrénées en images.