Parc national des Pyrénées
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Le 15/05/2020

Après ces deux mois de confinement, nous rêvons tous de liberté, de grands espaces, de nature, de montagne…

Longtemps inaccessibles, les espaces sont de nouveau le terrain d’évasion et parfois, de dépassement de soi, des amateurs de montagne. Qui connait ces havres de sérénité sait que nous ne sommes pas les seuls à les parcourir. D’autres y vivent à la saison ou tout au long de l’année. Et cette période où nous étions absents a été pour eux l’occasion de se réapproprier les lieux comme ils n’avaient jusqu’alors jamais pu le faire vraiment.

C’est donc directement chez eux, dans leur intimité que nous débarquons avec nos gros sabots. Il est donc souhaitable de chausser nos pantoufles, pour pénétrer ces espaces à pas feutrés…

Le printemps est en effet une période cruciale pour la faune et la flore de nos montagnes, et donc pour celles du Parc national des Pyrénées : la période de la reproduction.

Côté oiseaux, si les espèces de nos jardins, dans le piémont, en sont déjà pour certaines à la 2ème couvée de l’année, en montagne cela commence à peine. Et comme nous n’étions pas là, les passereaux n’auront pas manqué de s’installer au plus près des sentiers, des bâtiments, installations… où ils ne seraient sans doute pas venu pondre si nous avions gardé nos habitudes.

La probabilité est donc forte que nous passions très près, trop près, de ces nids que l’on risque de déranger ou de détruire…

Les plus tardifs en sont encore au stade des ébats amoureux, des parades, comme le Grand Coq de bruyère. La tranquillité est alors primordiale pour espérer une reproduction synonyme d’assurance pour l’avenir…

Chez les mammifères, comme les Isards ou les Bouquetins, les premières mises bas ont eu lieu et vont se prolonger encore un mois ou deux… Les chevreaux et cabris vont donc voir débouler des hordes de bipèdes bruyants et chamarrés, qui pourraient bien les affoler là-haut, sur leurs rochers… risquant la chute.

Les fleurs et les champignons profiteront peut-être de sols un peu moins érodés que d’habitude pour pousser et fleurir un peu plus, un peu plus près des sentiers.

A l’heure où, pour les plus chanceux d’entre nous (ceux qui ont pu profiter pendant ces deux mois d’un petit peu de verdure et de nature), nous avons pu apprécier ce qu’était un retour au calme, au silence brisé uniquement par les bruits de la nature plutôt que les bruits de moteurs et les cris, c’est le moment de prolonger cette parenthèse.

Lorsque vous entrerez à nouveau dans ce temple de la biodiversité, soyez vigilant et préservez ce silence en évitant les cris et hurlements que l’on pouvait entendre trop souvent jusqu’alors… Restez sur les sentiers plutôt que de risquer de piétiner une nichée.

Plus que jamais admirons, écoutons, respirons…

 

Et même si le dépaysement est total, n'oublions pas de respecter les mesures sanitaires obligatoires en montagne afin de contrer la propagation du Covid-19 :

- port du masque avant et après la sortie obligatoire

- covoiturage interdit exception faite pour les personnes vivant dans le même foyer

- pas de partage de votre pique-nique ni de votre matériel de montagne

- garder une distanciation physique spécifique entre les pratiquants qui dépendra de la vitesse de marche et de randonnée et du risque de contamination par postillons et gouttelettes de transpiration. Ainsi des marcheurs évoluant à la vitesse classique de 4km/h veilleront à garder un espacement d’au moins 2 mètres, alors que des marcheurs à 6km/h s’espaceront d’au moins 5 mètres,

- 10 personnes maximum par groupe

- être à moins de 100km de son domicile

- Conseillé: détenir un Kit sanitaire personnel composé de 2 masques, 1 flacon de gel hydro-alcoolique, lingettes désinfectantes, 1 morceau de savon, 1 sac poubelle