Parc national des Pyrénées
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Le 19/10/2022
Au détours du sentier des Laquettes, dans cet environnement de vieille forêt de pins à crochets,  un bosquet de peuplier tremble réserve bien des surprises : il s’agit d’un même arbre aux 250 troncs !
Colonie clonale de Peuplier tremble © L. Reigne - Parc national des Pyrénées

Cette colonie clonale se développe sur plus de 6 000 m², depuis la rive gauche de la Laquette supérieure jusqu’à un replat quelques dizaines de mètres plus haut, dans cet univers granitique chaotique.

Cette découverte scientifique est le fruit de l’intuition de Xavier de Muyser de l’association A.R.B.R.E.S, à l’occasion d’une observation avec un garde-moniteur du Parc national, David Rouanet.

La confirmation de l’existence d’une première colonie clonale de Populus tremula, qui plus est en limite haute de son aire de répartition, a nécessité de nombreux travaux d’investigations.
 

Dès 2018, des prélèvements, autorisés à but scientifique par le Parc National, gestionnaire du site, permettent de déterminer l’âge des différentes tiges – 98 ans pour la plus ancienne (à ce jour)- ainsi que la vitesse moyenne de croissance – 1,58 mm/an-, par l’observation de rondelles et de carottes du bois.

En 2019, un suivi des différentes phases de leur développement saisonnier permet de constater un débourrement simultané de l’ensemble des tiges, mais sans floraison. Aucune conclusion ne peut être tirée de cette étude phénologique.  

Sollicité, l’INRAE d’Orléans procède alors à l’analyse génétique de trois rameaux les plus éloignés dans le bosquet.

Conclusion : les trois tiges révèlent le même génome.

L’analyse génétique complémentaire de 94 autres rameaux entérine le fait que ces 250 tiges ont un génome commun (c'est un clone) et ont donc un même système racinaire.
 

Ce bosquet se révèle être un unique individu qui a la capacité de se multiplier par drageonnage par son réseau de racines.

 

Il est appelé PANDITO, en hommage à PANDO, peuplier-tremble de l’UTAH (Eats-Unis), plus grand organisme vivant sur Terre.

La Réserve naturelle nationale du Néouvielle abrite donc la première colonie clonale de Populus tremula, qui plus est en limite haute altitudinale de son aire de répartition.

Un joyau de plus dans la mosaïque des merveilles de la Réserve.