Parc national des Pyrénées
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ORCHAMP : le temps long de la compréhension

C'est un engagement sur un temps long que prend aujourd'hui le Parc national des Pyrénées. Un engagement qui a débuté en 2021 et durera des dizaines d'années. Il s'agit de suivre et de comprendre comment la biodiversité et les écosystèmes vont répondre aux changements climatiques, en tenant compte des usages humains.

Pour ce faire, le Parc national des Pyrénées intègre le dispositif ORCHAMP - Observatoire spatio-temporel de la biodiversité et du fonctionnement des socioécosystèmes de montagne - déployé sur le massif alpin depuis 2016 et coordonné par le laboratoire d'écologie alpine (LECA, unité mixte de recherche CNRS - Univ. Grenoble Alpes - Univ. Savoie Mont Blanc).

Afin d'observer sur le long terme et analyser ces dynamiques couplées entre le climat, la biodiversité des écosystèmes de montagne et les usages, différents protocoles sont mis en oeuvre sur des sites témoins.

Mis en place avec l'accord des propriétaires des parcelles, la Commission syndicale de Saint-Savin et l'Office national des forêts, le premier site pyrénéen se situe en zone coeur du Parc national, sur la vallée de Cauterets.

Le long d'une ligne appelée transect située le long d'un versant, huit placettes ont été positionnées tous les deux cents mètres d'altitude entre 1 200 et 2 600 mètres.

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D'une taille de 30 mètres sur 30 mètres, chaque placette permanente est identifiée par deux bornes de géomètre et des plaques en plexiglas. Elles quadrillent des sous-zones sur lesquelles vont être réalisées différents protocoles.

 

 
Flore, sol, forêt, température, paysage : des protocoles d'études sur le temps long

 

 

 

 

Chaque placette a fait l'objet en 2021 de l'ensemble des inventaires.

Descriptif des différentes mesures réalisées sur le site d'ORCHAMP, cliquer sur l'image

 

 

 

 

 

Le suivi de la flore s'organise en deux temps. Le premier temps est consacré à l'inventaire exhaustif des espèces présentes au sein d'une bande de trois mètres de large située dans la partie centrale de la placette. Le second temps se focalise sur l'abondance de ces espèces.

 

Le travail consiste à effectuer trois cents points d'observation répartis le long d'une ligne située au centre de la placette. Le protocole a été mené pour la première fois durant l'été 2021 par les agents du Parc national des Pyrénées, le bureau d'études APEXE et le Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées.

Compte tenu de l'activité pastorale présente sur le site, une zone de mise en défens a été matérialisée par l'installation d'un filet autour des placettes. Ces filet sont enlevés dès la réalisation du protocole flore.

Le suivi de la forêt : sur l'ensemble de la placette, sont inventoriés les arbres vivants ou morts.Pour chaque arbre, sont identifiés l'essence et le diamètre. Concernant le bois mort, une estimation du volume est faite ainsi que la diversité des stades de décomposition. Chaque arbre, vivant ou mort, est identifié par un numéro qui permettra de le suivre au fil du temps. Le protocole a été mené pour la première fois en septembre 2021 par les agents du Parc national des Pyrénées, les équipes du LECA et du LESSEM de Grenoble de l'Institut national de recherche pour l'Agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE).

 

 

Le suivi du sol : au sein de chaque placette, sur des sous-zones définies de façon aléatoire, des carottages de sol sont analysés. Ainsi sont étudiées les caractéristiques physiques, chimiques et biologiques du sol. La faune du sol est inventoriée par l'analyse de l'ADN contenu dans les échantillons. Un profil pédologique doit également y être réalisé. Il vise à décrire les différentes couches successives de sol jusqu'à la roche mère.

 

 

Le protocole a été réalisé pour la première fois en septembre 2021 par le LECA. les profils pédagogiques seront réalisés à l'automne 2022.

 

 

Le suivi de la température : un thermomètre placé à dix centimètres sous la surface du sol sur chaque placette, enregistre en continu la température du sol. Chaque année, les agents du Parc national procèderont aux relevés de ces enregistrements.

Après cet état des lieux réalisé sur ce transect, les inventaires seront reconduits à l'identique à des pas de temps variables déterminés par tirage au sort au niveau national. Ces suivis menés de façon aléatoire permettront d'obtenir des informations sur les évolutions rapides et les évolutions plus lentes.

En intégrant le programme ORCHAMP et grâce au financement de l'Office français de la Biodiversité et du programme européen POCTEFA NaturaClima, le Parc national a saisi l'opportunité de structurer ses suivis sur le long terme et d'intégrer des dispositifs nationaux.

Il est envisagé de déployer le dispositif en vallée d'Aspe en 2022 et en 2023 en vallée d'Aure.

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