Parc national des Pyrénées
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Lagopède alpin ou Perdrix des neiges

Lagopède alpin ©  L. Nédélec - Parc national des Pyrénées
Lagopède alpin © L. Nédélec - Parc national des Pyrénées
Nom scientifique : Lagopus Mutus

Identification

Son plumage changeant fait la particularité du Lagopède alpin. Pour se fondre dans le milieu qui l'entoure, son pelage est blanc en hiver et gris-brun en été. Puis, il passe par toutes les nuances intermédiaires en automne et au printemps. Cette propriété s’appelle l’homochromie. Le Lagopède alpin a un corps rond, de longues ailes arrondies et un bec court, noir et épais. Appelée aussi Perdrix des neiges, c’est un petit oiseau, qui ne pèse pas plus de 500 g. Son envergure ne dépasse pas les 60 cm.

Dans les Pyrénées, on rencontre une sous-espèce endémique : Lagopus mutus pyrenaica.

Habitat

Présent à l’étage nival au-dessus de 2 000 mètres, le Lagopède alpin ne saurait vivre ailleurs qu'en haute montagne. Il fréquente les versants rocheux enneigés, les crêtes et les pierriers souvent aux abords des névés. L’été, les oiseaux gagnent les crêtes et les éboulis sous les sommets, souvent à plus de 2 600 mètres. L’hiver, ils redescendent aux environs de 2 000 mètres, restant dans les éboulis orientés au sud, dégagés par le vent. Au printemps, les zones de chant sont situées entre 2 000 et 2 500 mètres, dans des éboulis clairsemés de pâtures et dans le fond des cirques glaciaires.

Comportement

Le Lagopède alpin est sédentaire. Il est discret à l’extrême et timide, sachant passer inaperçu pour se protéger. Le territoire d’une poule au moment de l’élevage des jeunes ne dépasse pas les 20 ha. Chaque poule élève seule ses jeunes. Les zones de chant sont beaucoup plus étendues. 8 à 10 mâles peuvent être présents sur des zones d’une centaine d’hectares ou plus. Ils commencent à chanter 30-45 mn avant le lever du soleil, puis se dispersent. Une heure environ après le lever du soleil, les poules, une fois fécondées, partent sur leur zone de nidification.

Régime alimentaire

Le Lagopède alpin est essentiellement végétarien. Les poussins se nourrissent d’insectes, d’araignées ou d’escargots. Le régime d’été des adultes est principalement composé d’un mélange de matières végétales diverses comme les myrtilles, les têtes de joncs ou de roseaux et d’autres plantes d’altitude. En hiver, ils mangent des bourgeons, des chatons de bouleau ou des brindilles de saule.  

Cycle de vie

Tout comme pour le Grand Tétras, l’hiver est la saison la plus délicate pour le Lagopède alpin. La nourriture est rare et difficile à trouver sous la neige. Renard et Aigle royal le guettent. Les oiseaux se regroupent en petites troupes sur des zones pentues, dans des éboulis là où la neige est chassée par le vent. Fin mai, les mâles vont sur leurs places de chant. La ponte a lieu fin juin et les jeunes sont couvés pendant 18 jours. A la naissance, les 8-10 petits éclos sont nidifuges et se nourrissent d’insectes. Ils deviendront herbivores à l’automne. Le taux d’échec à la couvaison est fort et la mortalité des poussins est élevée. Les bonnes années, un couple réussissant sa reproduction amènera 2-3 jeunes à l’hiver.

Préservation

Réfugié dans les Pyrénées au Quaternaire suite à l’important réchauffement qui a suivi les grandes glaciations, il est aujourd’hui menacé. Le développement des activités touristiques hivernales, un enneigement irrégulier, la hausse des températures sont autant de menaces pour le Lagopède alpin. Cette espèce inféodée aux milieux froids a un avenir très incertain devant elle. La répartition de l’espèce a régressé de plus de 30 % sur les dix dernières années dans les Pyrénées. Il fait l’objet d’un suivi scientifique important.

Malgré une nette régression des effectifs et de son aire de répartition, le Parc national héberge encore en Bigorre quelques belles populations. L’espèce a par contre encore plus régressé en Béarn où elle se fait maintenant très rare.

Espèce chassable, dans les Pyrénées, le Lagopède alpin n’est plus chassé dans la majorité des départements pyrénéens.

Comment l'observer ?

Difficilement observables, les rencontres sont fortuites dans les éboulis.

Découvrez en images les comptages de lagopèdes alpins.