Parc national des Pyrénées
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Ours brun

Empreintes d'ours laissées dans la neige © L. Nédélec - Parc national des Pyrénées
Empreintes d'ours laissées dans la neige © L. Nédélec - Parc national des Pyrénées
Nom scientifique : Ursus arctos

Identification

Figure emblématique des Pyrénées, l’Ours brun s’impose par sa taille massive. Sa morphologie, aux oreilles courtes et arrondies et à la queue invisible, est unique en Europe. Son pelage varie du brun-noir au beige et sa fourrure est épaisse.

L’Ours brun présente de grandes différences de poids selon les régions. Dans les Pyrénées, les mâles adultes pèsent plus de 200 kg et les femelles environ 100 kg, pour une hauteur au garrot variant entre 80 et 110 cm. L’Ours brun pyrénéen est le plus petit représentant de la famille des Ours en Europe.

Habitat

Autrefois présent partout en France, on ne le rencontre plus aujourd’hui que dans les milieux forestiers et il n’est présent que dans les Pyrénées. Dans ce massif, l’Ours brun habite principalement les régions accidentées et boisées où il trouve un abri et une nourriture variée.

Comportement

Surtout nocturne et crépusculaire, il peut être diurne s’il n’est pas dérangé. Le domaine vital d’un individu adulte stabilisé varie de 70 km² pour une femelle avec des oursons à plus de 500 km² pour un mâle adulte et se situe essentiellement sur l’étage montagnard. Les mâles sont capables de grands déplacements, franchissant des cols à près de 3 000 mètres d'altitude, en 1-2 jours, au printemps à la recherche des femelles.

Régime alimentaire

Les repas de l'Ours brun sont constitués à 70 % de végétaux (fruits, baies, châtaignes, framboises, myrtilles), de divers insectes mais parfois aussi de gros mammifères sauvages ou domestiques. A l’occasion, il ne dédaigne pas à se nourrir sur des charognes, voire à attaquer des troupeaux de brebis. Ses dégâts sur les troupeaux sont source de problèmes de cohabitation avec les éleveurs.

Cycle de vie

L’Ours brun n’hiberne pas mais hiverne, c’est-à-dire que son sommeil hivernal (dès novembre pour les femelles et en décembre pour les mâles) est entrecoupé de périodes de réveil, voire de sorties. Ce n’est que vers la fin mars (avril pour les femelles) que le réveil définitif se produit. Le rut se déroule de mai à fin juin.  Il provoque l’ovulation mais l’implantation des embryons ne se fait que début novembre. La gestation dure six à huit semaines et les naissances ont lieu en janvier et février durant l’hivernation. L’oursonne met bas 1 à 3 petits par portée, souvent 2, tous les 3 ans ou plus. Le jeune à la naissance pèse environ 500 g. Il est aveugle et presque nu. En avril-mai, les oursons sortent de leur tanière avec leur mère. Ils resteront avec elle pendant 2 à 3 ans. Ils sont sevrés à 1,5 an. L’Ours brun se fixe sur un nouveau territoire vers 6-7 ans et peut vivre plus de 30 ans en nature.

Préservation

Les Pyrénées constituent le dernier bastion de présence de l’Ours brun dans le sud de l’Europe. Même si l’espèce est présente dans le monde entier, la population pyrénéenne est originale par ses particularités génétiques mais surtout par son comportement, façonné par plus de 5 000 ans de cohabitation entre éleveurs et ours.

L’Ours est une espèce menacée et protégée dans toute l’Europe de l’ouest. Plusieurs siècles de chasse et de braconnage, une fréquentation humaine assidue des massifs montagneux, ont presque réussi à éradiquer l’Ours de la plupart des vallées pyrénéennes, l’espèce ayant disparu depuis plus de 50 ans des vallées alpines. Alors qu’en 1950, une cinquantaine d’ours se partageaient un territoire de 200 000 ha dans les Pyrénées-Atlantiques, à la fin des années 1990, il ne restait plus que 6-7 ours. Suite aux opérations de réintroduction entreprises depuis 1996 dans les Pyrénées centrales, on compte aujourd’hui une trentaine d’ours dont seulement 3 sont présents en Pyrénées-Atlantiques et en Hautes-Pyrénées dans le Parc national des Pyrénées.

Un jeune mâle issu de la population réintroduite dans les Pyrénées centrales est venu s’installer en 2001 dans le Parc national, entraînant le déplacement du plus vieux mâle présent en Béarn. Celui-ci est mort en 2002 de vieillesse en Bigorre. La mort de la dernière femelle en 2004 risque de sonner le glas de cette population occidentale si aucune femelle ne vient s’implanter.

Le reste de la population est réparti en trois noyaux entre Haute-Garonne, Ariège et Aude.

Depuis sa création en 1967, le Parc national des Pyrénées est chargé de procéder à l’expertise et à l’indemnisation des dégâts d’ours dans le Parc national. D’autres services, en charge de la gestion et de la protection du milieu naturel, participent également à la surveillance et à la protection des ours au sein d’un réseau appelé «Réseau Ours brun», animé par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Longtemps pratiquée, la chasse de l’ours brun a été interdite à partir de 1958, mais l'ours brun n’a été protégé que suite à l’arrêté interministériel du 17 avril 1981 fixant la liste des mammifères protégés sur l'ensemble du territoire, modifié par l'arrêté du 22 juillet 1993, intégrant les dérogations prévues par la Convention de Berne et la Directive Habitats.

Comment l'observer ?

Il ne faut jamais chercher à voir un ours … La meilleure observation d’ours que vous puissiez faire, c'est découvrir de façon fortuite ses traces, crottes ou griffades … En cas de rencontre fortuite, identifiez-vous par du bruit (chant, sifflement) … et repartez dans l’autre sens.